Votre panier est actuellement vide !
Je ne peins pas pour représenter.
Je peins pour faire vibrer.
Une toile, lorsqu’elle est terminée, n’est pas une fin. C’est un début. Une surface tendue, prête à accueillir un regard, un corps, une mémoire. Ce qui m’importe, c’est ce moment fragile où le spectateur entre en contact avec l’œuvre — et ressent quelque chose. Peu importe quoi. Une paix. Une gêne. Une tension. Un souvenir oublié. Un trouble. Un élan.
Ce que je cherche à provoquer, ce n’est pas l’admiration. C’est une résonance.
Comme en musique, il ne s’agit pas d’unisson systématique. Parfois c’est une note qui s’accorde, d’autres fois c’est une dissonance qui dérange. Mais dans tous les cas, il y a vibration. Et cette vibration crée un dialogue intérieur. Elle touche une corde sensible, fait remonter une image, une sensation, une blessure peut-être.
Et cela me fascine : je propose une forme — et c’est le spectateur qui lui donne du sens. Je peins depuis une mémoire sensorielle, une émotion enfouie. Je tends une main dans le vide. Et parfois, quelqu’un la saisit.
Mais il y a autre chose. Je peins pour inscrire la toile dans un espace. Je veux qu’elle prenne place, physiquement, dans un lieu, au point qu’elle semble avoir toujours été là. Comme une pièce de puzzle revenue à sa place. Lorsqu’on l’enlève, quelque chose manque. Le mur paraît nu. Comme si une part de soi-même avait été arrachée.
C’est cette impression d’évidence, d’appartenance, que je recherche.
Pas un simple accrochage décoratif, mais une présence. Une empreinte silencieuse. Une tension subtile entre la peinture et son environnement, qui crée une atmosphère, une mémoire collective.
C’est ce que je cherche profondément dans mon travail : que le tableau devienne le miroir d’un état d’âme, une caisse de résonance de l’intime. Et qu’en cela, il engage une conversation silencieuse entre deux inconscients.
Pas besoin de comprendre.
Il suffit de sentir.
